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Le doigt magique 04

 

Au matin, Monsieur Cassard s'éveilla le premier.II était sur le point de tendre la main vers sa montre pour regarder l'heure, mais sa main ne semblait pas vouloir se tendre.«Voilà qui est drôle, dit-il. Où est ma main'? Il restait immobile, se demandant ce qui se passait.

Se serait-il blessé cette main ? Il essaya avec son autre main.Elle non plus ne voulait pas se tendre. Il se redressa.Puis, pour la première fois, il vit à quoi il ressemblait.Il poussa un cri et bondit hors du lit. Madame Cassard s'éveilla. Lorsqu'elle aperçut Monsieur Cassard qui se tenait debout, sur le sol, elle poussa un cri, elle aussi.
Car maintenant, c'était un tout petit homme!Il arrivait peut-être à la hauteur d'un siège de chaise, guère plus haut!
Et, à la place des bras, il avait deux ailes de canard !

« Mais... mais... mais..., s'exclama Madame Cassard dont la figure devint cramoisie. Que t'arrive-t-il, mon ami ?- Tu veux dire qu'est-ce qui nous arrive à tous les deux? » hurla Monsieur Cassard.A son tour, Madame Cassard bondit hors du lit.
Elle courut se regarder dans la glace. Mais elle n'était pas assez grande pour se voir. Elle était encore plus petite que Monsieur Cassard et elle avait également des ailes à la place des bras.
« Oooh ! Oooh ! sanglota Madame Cassard.- C'est de la sorcellerie! » s'écria Monsieur Cassard.

Tous deux se mirent à courir autour de la pièce en battant des ailes.
Une minute plus tard, Bernard et Richard entrèrent en coup de vent. La même chose leur était arrivée. Ils avaient des ailes, et pas de bras. Ils étaient vraiment minuscules, à peu près comme des rouges-gorges.«Maman! Maman! Maman! pépia Bernard. Regarde, Maman! Nous volons! »Et ils s'élevèrent en l'air.« Redescendez tout de suite ! dit Madame Cassard. Vous êtes beaucoup trop haut!»Mais avant qu'elle ait pu dire autre chose, Bernard et Richard s'étaient envolés par la fenêtre.

Monsieur et Madame Cassard coururent vers la fenêtre et regardèrent au-dehors. Les deux minuscules garçons étaient maintenant tout là-haut dans le ciel. Madame Cassard dit alors à son mari « Crois-tu que nous puissions en faire autant, mon chéri'? - Pourquoi pas ? dit Monsieur Cassard. Viens, essayons. » Monsieur Cassard se mit à battre énergiquement des ailes et, aussitôt, il s'envola. Puis Madame Cassard fit de même. « Au secours ! s'écria-t-elle tandis qu'elle s'élevait. A l'aide ! - Viens, dit Monsieur Cassard. N'aie pas peur. »

Et c'est ainsi qu'ils s'envolèrent par la fenêtre, montèrent tout là-haut dans le ciel et rattrapèrent vite Bernard et Richard. Bientôt, toute la famille réunie volait en décrivant des cercles.« Oh! c'est formidable ! cria Richard. J'ai toujours rêvé de savoir comment ça fait, d'être un oiseau ! - Tu n'as pas les ailes fatiguées, ma chérie? demanda Monsieur Cassard à sa femme. - Pas du tout, répondit Madame Cassard. Je pourrai continuer à voler toute ma vie !

- He ! Regardez en bas! dit Bernard. Il y a quelqu'un dans notre jardin ! » Tous regardèrent en bas. En dessous d'eux, dans leur propre jardin, ils aperçurent quatre énormes canards sauvages ! Ces canards étaient aussi grands que des hommes et comme des hommes, en plus, ils avaient de très grands bras à la place des ailes.Les canards marchaient à la queue leu leu vers la porte de la maison des Cassard, en balançant les bras et en dressant les becs.
« Arrêtez! Cria le minuscule Monsieur Cassard, en piquant au-dessus de leurs têtes. Filez ! c'est ma maison ! »

Les canards levèrent les yeux en faisant couincouin. Le premier étendit le bras, ouvrit la porte de la maison et entra. Les autres le suivirent. La porte se ferma. Les Cassard redescendirent et s'assirent sur le mur, près de la porte. Madame Cassard se mit à pleurer. «Oh! mon Dieu, mon Dieu! sanglotait-elle. Ils ont pris notre maison. Qu'allons-nous faire ? Nous n'avons plus d'endroit où aller! »

Les garçons eux-mêmes se mirent à verser quelques larmes.« Les chats et les renards vont venir nous manger pendant la nuit ! dit Bernard.
- Je veux dormir dans mon lit! dit Richard. - Allons, allons, dit Monsieur Cassard. Ça ne sert à rien de pleurer. Ce n'est pas ça qui nous aidera. Vous voulez que je vous dise ce que nous allons faire ?

- Quoi ? »

Monsieur Cassard les regarda et sourit. « Nous allons bâtir un nid.- Un nid! dirent-ils. Est-ce que nous y arriverons ? - Nous devons bien, dit Monsieur Cassard. Il nous faut un endroit où coucher. Suivez-moi. » Ils volèrent jusqu'à un grand arbre et Monsieur Cassard choisit de bâtir le nid au sommet.

« Maintenant, il nous faut du bois, dit-il. Plein, plein de petit bois. Partez en chercher et ramenezle ici.
- Mais nous n'avons pas de mains! dit Bernard. - Alors, servez-vous de vos bouches! » Madame Cassard et les enfants s'envolèrent. Bientôt, ils étaient de retour avec des brindilles à la bouche.

Monsieur Cassard les prit et se mit à bâtir le nid.« Il en faut d'autres, dit-il. Plein, plein d'autres. Repartez en chercher. »

 

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