Eh bien ! le Doigt Magique était à présent
sur la famille Cassard tout entière et il n'y avait pas moyen
d'y échapper. Je courus chez moi et j'attendis que les trucs commencent.
Il arrivèrent vite. Ces trucs, je vais vous les raconter. Bernard et Richard
m'ont tout dit, le lendemain matin, quand cela s'est terminé.
L'apres-midi du jour où j'avais pointé le
Doigt Magique sur la famille Cassard, Monsieur Cassard, Bernard et Richard
repartirent à la chasse. Cette fois-ci, ils poursuivirent des
canards sauvages, aussi ils prirent le chemin du lac.
La première heure, ils tuèrent dix oiseaux. L'heure suivante,
six de plus.
« Quelle journée ! s'écria Monsieur
Cassard. La meilleure de ma vie de chasseur ! » Il était fou de joie.
A ce moment-là, quatre autres canards sauvages
volèrent au-dessus d'eux. Ils volaient très bas. C'était
facile de les atteindre.PAN! PAN! PAN! PAN! firent les fusils. Les canards continuèrent
à voler.
« Raté ! dit Monsieur Cassard. Ça,
c'est drôle.»Alors, à la surprise de tous, les quatre canards
firent demi-tour et volèrent droit sur les fusils.« He! dit Monsieur Cassard.Qu'est-ce qu'ils fabriquent
? Cette fois, vraiment, ils le cherchent!»Il leur tira encore dessus. Les garçons aussi.
Et à nouveau, raté !
La figure de Monsieur Cassard devint cramoisie.« C'est la lumière, dit-il, la nuit tombe,
on ne voit pas bien. Rentrons à la maison. »Et ils rebroussèrent chemin, en emportant les seize
oiseaux qu'ils avaient tués avant.
Mais les quatre canards ne semblaient pas vouloir les laisser tranquilles.
Ils commencèrent à voler en cercles autour des chasseurs
qui s'éloignaient. Monsieur Cassard n'apprécia pas du tout. «
Partez ! » cria-t-il.
Et il tira sur eux plusieurs fois... sans résultat. Impossible
de les toucher. Sur le chemin du retour, les quatre canards tournèrent
dans le ciel, au-dessus d'eux, et rien ne put les chasser.
Tard dans la nuit, après que Bernard et Richard
furent allés au lit, Monsieur Cassard sortit chercher du bois
pour le feu. Il traversait la cour quand, soudain, il entendit le cri
d'un canard sauvage dans le ciel.
Il s'arrêta et leva les yeux. La nuit était très
calme. Il y avait une mince lune jaune pardessus les arbres, sur la
colline, et le ciel était rempli d'étoiles. Monsieur Cassard
entendit alors un bruit d'ailes, très bas, au-dessus de sa tète,
et il aperçut les quatre canards, noirs dans le ciel noir. Ils
tournoyaient en vol serré autour de la maison.
Monsieur Cassard oublia le bois et retourna précipitamment
à l'intérieur de la maison. A présent, il était
complètement terrifié. Ce qui se passait ne lui plaisait
pas du tout. Mais il n'en parla pas à Madame Cassard. Il lui
dit seulement
« Viens, allons au lit. Je suis fatigué.
» Et ils allèrent se coucher.